lundi 25 septembre 2017

5326 - Annapolis

… Académie navale d'Annapolis, 1869

William Frederick Halsey, Jr est né à Elizabeth (New Jersey) le 30 octobre 1882, soit trois ans avant George Patton.

S'il peut s'enorgueillir de compter quelques intellectuels puritains, et même un des Pères fondateurs de la Nation américaine (1), parmi ses ascendants, son père, William Frederick, Sr , est d'abord et avant tout l'héritier d'une famille de marins riches d'exploits navals autant que soûlographiques !

Avant de mourir de la fièvre à Madagascar en 1716, le plus célèbre des Halsey, le Capitaine John Halsey, a ainsi longuement guerroyé comme boucanier lors de la Guerre de Succession d'Espagne (2), où il s'est d'ailleurs mérité une coquette fortune en s'emparant de plusieurs navires français; un siècle plus tard, en 1815, un autre Capitaine, Eliphalet Halsey, est quant à lui devenu le premier Américain à mener une baleinière de Long Island jusque dans l'Océan Pacifique par le Cap Horn

Cadet d'une famille de six enfants, William Frederick, Sr est bien décidé à perpétuer cette tradition familiale, lui qui s'engage en 1869, soit à l'âge de 16 ans, dans la petite Marine de Guerre américaine, et précisément à l'époque où celle-ci, après avoir pansé ses plaies de la Guerre de Sécession, se sent à présent pousser des ailes et s'avère même bien décidée à faire parler d'elle sur la scène internationale…

(1) avocat, diplomate et sénateur, Rufus King (1755-1827), était un des 39 signataires de la Constitution des États-Unis d'Amérique
(2) également appelée Queen Anne's War, ou 2ème Guerre intercoloniale, cette guerre opposa durant une dizaine d'années les colonies françaises et britanniques d'Amérique du Nord

dimanche 24 septembre 2017

5325 - l'Ouragan Halsey

… ce fut sans conteste le marin le plus controversé de toute l'US Navy, et pour tout dire le pendant naval de George Patton, soit un chef bravache et fort en gueule, résolument non-conventionnel, sans le moindre souci des traditions et des convenances, aussi adulé par les uns pour son courage et son audace insensée que violemment critiqué par les autres pour les risques et les pertes tout aussi insensées qu'il était prêt à accepter juste pour arriver à ses fins.

En des temps meilleurs, ou même simplement normaux, sa hiérarchie, mais aussi le pouvoir politique, l'auraient assurément poussé vers la sortie, ou à tout le moins contraint à "rentrer dans le rang".

Mais comme pour le grand George, l'époque où il accéda à la notoriété, et où il se mit à commander des dizaines de milliers d'hommes au combat, cette époque n'avait rien de "normale" : c'était au contraire une époque de crise, et même une époque d'une exceptionnelle gravité, où la Marine de Guerre américaine, à la fois orgueil et seule force militaire véritablement crédible des États-Unis, venait de subir, dans sa propre tanière de Pearl Harbor, un désastre d'une ampleur sans précédant, qui la laissait à présent à genoux face à son adversaire japonais, pour sa part résolument convaincu de lui avoir porté un coup sinon mortel, du moins de nature à lui ôter - et pour longtemps (!) - jusqu'à a moindre velléité offensive.

Les Japonais, pourtant, se trompaient du tout au tout et, plus que tout autre, ce fut cet homme qui se chargea de le leur faire savoir et, rapidement, de le leur faire regretter.

Cet homme était un marin et un officier de carrière, fils d'un autre marin et officier de carrière, et héritier d'une longue lignée de marins, d'officiers et même de pirates, tous portés, tout comme lui-même et George Patton, sur l'alcool et les jurons, sans que l'on sache très bien lequel de ces deux vices l'emportait véritablement sur l'autre.

Cet homme s'appelait William Frederick Halsey, Jr

Mais tout le monde avait depuis longtemps appris à l'appeler "Bull"

samedi 23 septembre 2017

5324 - Que sont-ils devenus (3)

 * Nommé chef de la VIIIème Armée en 1950, et considéré comme le sauveur de la Corée du Sud, Matthew Ridgway succéda ensuite à Eisenhower au titre de commandant suprême des forces alliées en Europe. Il mourut en 1993.

* Courtney Hodges prit sa retraite en 1949 et mourut dans l’anonymat en 1966

* Hospitalisé peu après la guerre, Alexander Patch mourut d’une pneumonie en novembre 1945

* Devenu icône de la France d’après-guerre, Charles De Gaulle entama une fructueuse carrière politique, qu’il mena quasiment jusqu’à sa mort, en 1970

* Après la guerre Jean de Lattre de Tassigny fut nommé commandant-en-chef en Indochine, où fut tué son fils unique. Malade et très affecté par ce décès, il rentra en France et mourut en janvier 1952.

* Abandonné par Hitler le 16 janvier 1945, le complexe souterrain de l’Adlerhorst, qui lui avait servi de Q.G. durant toute la Bataille des Ardennes, fut dynamité fin mars. Réhabilités après la guerre, de même que le Château de Kransberg sous lequel ils avaient été construit, nombre de ses bâtiments sont encore utilisés, et visitables, aujourd’hui.

* La plupart des Panzers récupérés dans les Ardennes furent acheminés jusqu’aux hauts-fourneaux de Cockerill pour servir à la reconstruction du pays. Quelques-uns furent néanmoins emportés par les Américains pour analyse, et d’autres, plus ou moins complets, transformés en pièces de musée ou en monuments à ciel ouvert dans nombre de villes et villages des Ardennes, où on peut encore les apercevoir aujourd’hui, derniers témoins d'une Bataille qui, petit à petit, disparaît de la mémoire des Hommes...

vendredi 22 septembre 2017

5323 - Que sont-ils devenus (2)

* Haso von Manteuffel se rendit aux Alliés à la fin de la guerre. Libéré en 1947, il donna de nombreuses conférences aux États-Unis, et collabora même à la réalisation de films de guerre. Il mourut en 1978

* "Troisième roue" de Wacht am Rhein, Erich Brandenburger se rendit aux Américains en mai 1945, et mourut dix ans plus tard.

* Détenu par les Américains après la guerre, Otto Skorzeny s’évada de sa prison en juillet 1948. Réfugié en Espagne, puis en Égypte, il poursuivit sa vie d’aventures et décéda d’un cancer à Madrid, en 1975

* Parachutiste ô combien malchanceux dans les Ardennes, Friedrich August von der Heydte devint professeur de Droit, et officier de réserve dans la nouvelle Bundeswehr. Il mourut en 1994

* Couvert d’honneurs et décorations, Dwight Eisenhower quitta l’armée en 1948 pour devenir, quatre ans plus tard, le 34ème Président des États-Unis. Il mourut en 1961

* Omar Bradley prit sa retraite de l’armée en 1953, et mourut en 1981

* Anobli en 1946, Bernard Montgomery prit sa retraite en 1958. Personnage de plus en plus controversé au fil des années, notamment pour ses positions en faveur de l’apartheid, ou ses innombrables critiques envers tous ses anciens camarades de combat, il mourut en 1976

* Paralysé après un banal accident de la route, son "meilleur ennemi", George Patton décéda le 21 décembre 1945. "C'est une façon de mourir à la con", déclara le grand George peu avant sa mort.

jeudi 21 septembre 2017

5322 - Que sont-ils devenus (1)

* le 30 avril 1945, Adolf Hitler trouva enfin le moyen de mettre un terme à sa guerre, en se suicidant dans le bunker de la Chancellerie du Reich

* Sa totale inefficacité lors de Nordwind n’empêcha pas Heinrich Himmler de se voir nommé peu après au poste encore plus prestigieux de commandant-en-chef du Groupe d’Armées de la Vistule… dont il démissionna peu après pour "raisons de santé". Capturé par les Britanniques, il se suicida le 23 mai 1945.

* S’étant rendu aux Américains, Herman Goering devint l’accusé vedette du Tribunal de Nuremberg. Condamné à mort, il se suicida néanmoins dans sa cellule le 15 octobre 1946, quelques heures avant son exécution.

* Capturé par les Britanniques en mai 1945, mais en trop mauvaise santé pour être jugé, Gerd von Runstedt fut libéré en 1949 et mourut en 1953

* Ayant volontairement dissous son Groupe d’Armées le 17 avril 1945, Walter Model se suicida quatre jours plus tard

* Limogé le 28 mars 1945, Heinz Guderian se rendit six semaines plus tard aux Américains, qui le libérèrent en 1948. Il mourut en 1954

* Après son échec des Ardennes, Josef "Sepp" Dietrich retourna sur le Front de l’Est. Fait prisonnier le 11 mai 1945, puis condamné à diverses reprises dans les années suivantes, il fut définitivement libéré en 1959, et mourut sept ans plus tard.

* Recherché par les Américains pour son rôle dans les massacres de son Kampfgruppe, Joachim Peiper fut arrêté en aout 1945. Condamné à mort, mais néanmoins libéré en 1956, il retrouva immédiatement un travail chez Porsche,… qui avait entretemps cessé de concevoir des Panzers. Retraité en France, il mourut en juillet 1976, dans l’incendie de sa maison par des militants communistes

mercredi 20 septembre 2017

5321 - une défaite pourtant déjà acquise

Sherman américain, dans les ruines de Saint-Vith, après la bataille
Wacht am Rhein fut l’ultime pari d’Hitler, un pari qu’il ne pouvait absolument pas gagner mais pour lequel il n’existait aucune alternative.

Pour ce pari, des dizaines de milliers d’hommes furent sacrifiés en vain, dans les deux camps, et des milliers de civils belges perdirent la vie ou virent leur maison, leur ferme ou leur ville entièrement détruite.

Au bout du compte, les Allemands furent ramenés à leur point de départ, sur la Ligne Siegfried où, comme l’avait prévu l’État-major, ils ne purent se maintenir longtemps.

Réfugiés de l’autre côté du Rhin, il ne leur resta plus qu’à attendre, et affronter, les fantassins et les blindés américains, britanniques ou français qu’ils avaient combattu dans les Ardennes ou en Alsace-Lorraine, en s’estimant malgré tout heureux de les affronter eux plutôt que leurs homologues soviétiques.

Et comme Hitler, de son côté, n’avait nullement l’intention de hisser le drapeau blanc, des centaines de milliers d’autres militaires et civils furent encore sacrifiés en vain jusqu’à ce que l’Allemagne nazie, après le suicide de son Führer, se résigne enfin à accepter sa défaite.

Une défaite pourtant déjà acquise lorsque les Panzers s’élancèrent dans les Ardennes, aux premières heures du 16 décembre 1944…

mardi 19 septembre 2017

5320 - sans issue

Un Sturmgeschutz abandonné... comme tant d'autres
... dès les premières heures de l'offensive, le ravitaillement des uns et des autres s'avéra donc un formidable casse-tête, dont personne n'avait vraiment imaginé l'ampleur, et auquel personne ne fut en mesure d'apporter une solution.

Sur les rares routes disponibles, et aux carrefours, il n'était pas rare de voir les soldats, et même les officiers, en venir aux poings pour que "leur" ravitaillement puisse circuler à la place de celui d'une autre unité !

Lorsque les conditions météo s'amélioraient, la progression des hommes, des Panzers,... et du ravitaillement s'en trouvait grandement facilitée, mais on pouvait être sûr, dans ce cas, de voir aussitôt apparaître dans le ciel les avions ennemis, qui se chargeaient de transformer le tout en débris ensanglantés !

Et puisque les unités ne progressaient pas assez vite à son goût, Hitler décidait de leur envoyer des renforts... qui s'entassaient sur les mêmes routes et aux mêmes carrefours, augmentaient encore un peu plus la consommation d'essence,... et s'avéraient de toute manière incapables de faire pencher la situation en faveur du Reich puisque les Américains, de leur côté, réussissaient à envoyer encore davantage de renforts, et plus rapidement qu'Hitler et l'État-major ne l'avaient cru possible...