samedi 22 juillet 2017

5261 - deux échecs de plus

6 jours après l'attaque, les Tiger II de Dietrich n'avaient avancé que de 15 kms...
… Elsenborn, 20 décembre, 06h00

Après avoir enfin réussi, la veille, à s’emparer de Rocherath et Krinkelt, la VIème Armée butte à présent sur les défenses que les Américains ont érigées… quelques kilomètres plus loin, sur et autour de la Crête d’Elsenborn.

Dès l’aube, Dietrich lance donc sur celles-ci une série d’attaques désordonnées mais qui vont néanmoins se poursuivre jusque dans la matinée du lendemain.

Le 21 décembre, donc, l’Oberst-Gruppenführer-SS pense néanmoins toucher au but, lorsque, près de Bütgenbach, quelques Panzers de la Hitlerjugend, aidés par tous les parachutistes de von der Heydte que l’on est finalement parvenu à rassembler, réussissent à percer les lignes de la 1ère D.I. américaine.

Bref espoir : une heure plus tard, les hommes de la Big Red One comblent la brèche, ramenant ceux de Dietrich à leur point de départ...

Et à Malmedy, ceux de Skorzeny qui, comme nous l’avons vu, combattent pour la plupart de manière "conventionnelle", sont moins heureux encore, puisque taillés en pièces par leurs adversaires de la 30ème D.I.

Ces deux échecs, on s’en doute, ne font rien pour remonter la cote, à présent abyssale, de Dietrich auprès d’Hitler, lequel, lorsqu’il se penche sur la carte, ne peut que constater que six jours après le début de Wacht am Rhein, la VIème Armée, supposément fer de lance de cette offensive, et qui devrait à présent assiéger Antwerpen, n’a finalement progressé que d’une quinzaine de kilomètres…

vendredi 21 juillet 2017

5260 - un Wacht am Rhein "light"

prisonniers américains, filmés par la "Race des Seigneurs"
... pour les responsables de l'État-major, l'idéal serait sans doute de passer dès à présent - et comme on l'avait envisagé au début - à une sorte de Wacht am Rhein "light", où l'on s'emparerait - peut-être - de Saint-Vith et Bastogne, mais où l'on se contenterait - surtout - de prendre au piège et d'éliminer le plus d'Américains possible entre le Kampfgruppe Peiper, la VIème Armée de Dietrich et la Vème Armée de Manteuffel, c-à-d, en gros, entre Stoumont à l'Ouest, Rocherath au Nord, et Bastogne au Sud.

Dans le Schnee Eifel, la Vème Armée et la Propagande du docteur Goebbels ne viennent-elles pas de montrer l'exemple à suivre, la première en contraignant à la reddition les deux-tiers d'une Division d'Infanterie américaine, la seconde en filmant à satiété d'interminables files de prisonniers - où figurent d'ailleurs de nombreux "Nègres" - marchant piteusement dans la neige sous la conduite et la surveillance de leurs seigneurs et maîtres allemands ?

Mais où trouver l'homme à la fois suffisamment courageux pour en parler au Monstre,... et surtout suffisamment persuasif pour le convaincre qu'une modeste victoire déjà acquise vaut mieux que le risque d'un immense désastre ?

Et de toute manière, Hitler, claquemuré dans l'Adlerhorst de Bad Nauheim, écoute-il encore autre chose que ses propres monologues...

jeudi 20 juillet 2017

5259 - continuer, mais jusqu'où ?

Schwimmwagen dans la neige : continuer... mais jusqu'où ?
... en ces ultimes minutes du 19 décembre, la situation est à présent claire pour les deux camps.

Au Nord, Wacht am Rhein est à l'évidence un échec, et surtout un échec irrattrapable car, à supposer-même que Dietrich parvienne enfin à sortir la VIème Armée de sa léthargie, et que Peiper trouve le moyen de mettre un terme à la longue errance de son Kampfgruppe, il est dores et déjà évident que les deux hommes ne seront jamais capables de se rendre jusqu'à Antwerpen dans les délais impartis.

Vu la faiblesse des moyens dont dispose d'autre part la VIIème Armée de Brandenberger,  le seul espoir des Allemands, et le véritable problème des Américains, repose donc au Centre et au Sud, et sur la Vème Armée de Manteuffel.

Considérant les succès remportés par celle-ci à Clervaux, dans le Schnee Eifel ou encore à WirtzSaint-Vith et Bastogne sont assurément à sa portée.

... mais même si ces deux villes venaient à tomber entre les griffes du Reich, personne au sein du grand État-major allemand ne saurait imaginer Manteuffel réussir ensuite à lui seul ce dont on ne l'estimait déjà pas capable d'accomplir avec l'aide de Dietrich !

Dit autrement, et quoi qu'il puisse advenir à présent, ce n'est certes pas encore cette fois-ci que l'on réussira le "grand coup" spectaculaire qui convaincra les Alliés occidentaux de s'asseoir à une table de négociations ni, a fortiori, qu'on les amènera à reconnaître, selon les propres termes d'Hitler, que "la guerre ne peut plus être gagnée".

De cela, tout le monde est maintenant convaincu...

... tout le monde, sauf  Hitler lui-même.

mercredi 19 juillet 2017

5258 - perfide Albion

soldat américain, examinant une Kübelwagen de la 2ème Panzer-SS à Beffe
… rentré à Versailles à la fin de cette réunion, Eisenhower prend alors une décision souvent minimisée par les historiens mais néanmoins significative… et controversée.

Considérant que Bradley, à Luxembourg, est déjà bien assez occupé avec Bastogne, et qu'il éprouve de toute manière d’importantes difficultés à communiquer efficacement avec ses Ière et IXème Armées opérant au Nord des Ardennes, le commandant suprême des forces alliées en Europe décide alors de confier celles-ci - et en conséquence la défense de Saint-Vith - aux Britanniques, donc à Bernard Montgomery !

Peu après minuit, à la consternation de leurs commandants respectifs, et à la fureur de Bradley, deux Armées américaines passent donc sous contrôle anglais, un transfert peut-être justifié d’un point de vue opérationnel mais si "politiquement sensible" que l’on se garde bien d’en informer la Presse, et à travers elle l’opinion publique américaine...

"Monty", en revanche, est plus que satisfait de cet arrangement,… au point d’ailleurs qu’il décide aussitôt d’envoyer quatre divisions britanniques sur la Meuse !

Quatre divisions qui s’assureront, en cas de besoin, de faire sauter tous les ponts, mais quatre divions qu’il considérait pourtant jusque-là comme "vitales" sur son propre Front,...

mardi 18 juillet 2017

5257 - "Ne dites pas de conneries, George !"

"Le 22 décembre avec trois divisions", George Patton, 19 décembre 1944
… avec les renforts qui y ont déjà été expédiés, les Américains disposent à présent dans les Ardennes de dix divisions d’Infanterie et de trois divisions blindées, soit de quelque 180 000 hommes, ce qui, Eisenhower est le premier à en convenir, demeure néanmoins largement insuffisant.

Mais le grand patron des forces alliées en Europe a un plan : en contenant les forces allemandes au Nord et au Sud du saillant des Ardennes, et en demandant au 6ème Groupe d’Armées de Devers, stationné en Alsace et dans les Vosges, d’étendre ses propres lignes vers le Nord, on pourra alors libérer la IIIème Armée de Patton, et l’expédier vers le Nord, à la rescousse des troupes assiégées.

Reste tout de même à savoir combien de temps il faudra au flamboyant George - le général le plus controversé de toute l’US Army, fort en gueule et aussi adulé que détesté - pour faire pivoter de 90 degrés l’axe d’attaque de toute une Armée, c-à-d une centaine de milliers d'hommes mais aussi, et surtout, un charroi - donc une logistique - hallucinant.

"Le 22 décembre avec trois divisions" répond Patton, sans même réfléchir

Stupéfaction dans la salle. "Ne dites pas de conneries, George !", s'exclame Eisenhower qui, à l'instar de tous les invités présents, ignore cependant qu'avant-même le début de l'attaque allemande "George" - comme nous l'avons vu - a exigé de son propre État-major qu'il étudie un "plan B"... prévoyant justement cette éventualité !

Sans se démonter, Patton maintient donc sa promesse d'attaquer dans trois jours, et ajoute même que dans six jours, il sera en mesure de le faire avec six divisions...

lundi 17 juillet 2017

5256 - Y a-t-il un gaulliste dans la salle…

soldats américains, avec leur canon antitank, entre Houffalize et Saint-Vith
… Verdun, 19 décembre, 11h00

C’est une réunion au sommet, et une authentique réunion de crise, qu’Eisenhower a convoquée à Verdun en cette fin de matinée du 19 décembre.

En plus de lui-même et d’une brochette d’officiers d’État-major qui ne sont là que pour exposer les détails de la situation, sont donc présents, pour les Américains, Omar Bradley et Jacob Devers, respectivement chefs du 12ème et du 6ème Groupe d’Armées, George Patton, chef de la IIIème Armée actuellement au Luxembourg, mais aussi, pour les Britanniques, le Maréchal de l’Air Arthur Tedder qui, en plus de devoir défendre la position et les intérêts de la Grande-Bretagne en général et ceux du général Bernard Montgomery en particulier, a la lourde tâche, en ces heures dramatiques, d’expliquer à tous ces fantassins pourquoi l’Aviation, cette "Artillerie aérienne" qui est la seule et véritable force des Alliés, se trouve aujourd'hui dans l’incapacité de jouer quelque rôle que ce soit.

D'emblée, Eisenhower souligne la gravité, mais aussi, selon lui, la formidable opportunité que représente l’offensive actuellement menée par les Allemands dans les Ardennes.

Étrange entrée en matière, à laquelle Patton, qui n’en rate décidément jamais une, ne peut d'ailleurs s’empêcher de répliquer que puisque opportunité il y a, "Ayons le courage de laisser ces bâtards aller jusqu'à Paris. Alors nous les isolerons de leurs arrières et nous les taillerons en pièces"

Y a-t-il un gaulliste dans la salle…

dimanche 16 juillet 2017

5255 - tenir, mais jusque quand ?

Paras de la 101ème : tenir jusqu'au bout... mais jusque quand ?
… Wiltz, 19 décembre, 23h30

Paradoxalement, à Saint-Vith même, l'espoir est en train de renaître dans les rangs américains, grâce à l’arrivée d’éléments des 7ème et 9ème D.B. mais aussi de la 28ème D.I.

Pour autant, Manteuffel, de son côté, demeure optimiste : et de fait, des trois objectifs - Bastogne, Saint-Vith et Wiltz - qu’il s’est assigné, Wiltz, attaqué par ses propres hommes mais aussi par ceux de Brandenberger, est le premier à tomber, peu avant minuit, ce qui, après la chute de Clervaux, ouvre une nouvelle voie d’accès vers Bastogne.

A Bastogne, justement, les paras de la 101ème affrontent depuis le début de la matinée les avant-gardes de la Panzer Lehr, et lui opposent une telle résistance que le commandant de celle-ci, le général Fritz Bayerlein, convaincu de se trouver face une force bien plus importante, décide d’arrêter la progression de ses Panzers pour se donner le temps de la réflexion, décision a priori sensée mais qui, du coup, offre aux civils de Bastogne quasiment une journée de répit,… et aux hommes de McAuliffe tout le loisir de d’organiser leurs défenses et de se préparer à un siège.

En tant que division d’élite, la 101ème est sans doute plus à même de résister que toute autre division de l’Infanterie américaine, mais elle ne peut tout de même pas tenir tête à elle seule à une et même deux Armées allemandes disposant d’une quantité impressionnante de chars lourds !

Bastogne, donc, ne pourra demeurer américaine qu’à la seule condition de recevoir, et de recevoir très rapidement, d’importants renforts

Ne reste plus qu’à les trouver…